
| Extraits d'une Conférence donnée à St Etienne lors d'un colloque sur le stade. [Grenoble, le 11.05.98] |
| LE STADE PARADOXAL |
Les stades construits dans notre siècle s'inspirent de l'architecture
de la Grèce antique et de Rome. Les formes ainsi que les formules
d'organisation interne d'aujourd'hui ne se différencient guère
de celles de jadis. Ce qui distingue le stade contemporain du stade
antique réside essentiellement dans le sens et la symbolique
dont on le charge. Une réflexion critique sur ce sujet s'avère nécessaire,
voire salutaire, pour l'architecte qui détient le pouvoir d'influer
sur certains comportements. Tous les stades ne participent pas du même principe. Certains
ont réussi le décloisonnement, ont libéré le
spectateur, en laissant voir un bout de ciel, un fragment de ville
: je pense à Otto Frei à Munich, Gaudin à Charletty. |
| Jean Lovera |
| Etre architecte c'est être capable d'évaluer
une situation, quelle qu'elle soit et de donner une réponse juste
dans un temps donné. La recherche de la forme constitue une des préocupations majeures de l'agence, en travaillant jusqu'à l'épuration. Il semble vrai que seule une forme simple peut être porteuse de sens et d'émotion. |
| Jean Lovera |
| Extraits d'une lettre de l'architecte François Deslaugiers à Jean Lovera à propos du Collège du Futur, alors tout juste réalisé dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. [Paris, le 08.07.96] |
| Ce que j'ai trouvé de remarquable dans la conception et la
réalisation de ton "Lycée du Futur", c'est
l'incroyable fraîcheur de ton audace, et le bonheur de l'organisation
intérieure que tu as réusi à créer dans
ta bulle. Je sais par aileurs combien tu lisses et tu affirmes avec
conviction et talent une écriture architecturale sans concession
: volumes, surfaces et façades, percements, couvertures sont
simples, forts et sans ressassage ni recette bricolée, comme
dans ton projet pour l'entrée de VIZILLE. Mais le lycée est un "must" dans la démarche : Un engin étrange et attirant atterri en toute liberté, comme dans un pré, au coeur de l'espace bousculé de l'ARLEQUIN, a tout pour fasciner, séduire et faire converger les élèves vers la vie intérieure du lycée ; à telle enseigne que je me félicite de la résistance du projet à s'accomoder d'une enceinte clôturée, l'immobilisant comme dans une prison. A l'intérieur, on est récompensé d'avoir osé pénétrer dans l'OVNI ; Bravo pour la lumière, qu'elle parvienne du pôle central de l'atrium, tout entier recouvert d'une coupole vitrée, comme constitutive de la résille même de la structure d'ensemble de la coque, ou qu'elle surgisse ou filtre des ciels ouverts ou des larges écoutilles découpés dans la peau miroitante et unique qui carlingue le vaisseau. Bravo aussi pour l'organisation pleine de fantaisie, de convivialité et de variété des espaces intérieurs. Il n'est pas imaginable dans ces conditions que l'équipage du vaisseau ne soit pas soudé et uni dans une dynamique de jeunesse riche d'apprentissage à partager. |
| François Deslaugiers |